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Pic du Han
 
Par Alright, le 30/01/2016.
 
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- Statistiques -
 
Genre : VTT . CR consulté : 2169 fois.
 
 
 
Distance : 11 kms
Dénivelé : 1100 m+
Vit. moyenne : 6 km/h
Tps total : 06:00:00
Tps roulage : 02:00:00
Participants : .
 
Niveau :    Engagé
 
Physique :
Technique :
Paysages :
Fun :
  Moyennes sur 1 note(s).
 
 
- Aperçus - Traces -
 
 
 
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- Compte-rendu -
 
 

Après notre expérience sensationnelle de ride dans la neige au lac d'Appy (topo), nous n'avions qu'une idée en tête, obsédante : y retourner ! …tant que nous avions ces conditions printanières en plein mois de février. Nous devions faire le plein de sensations roulantes avant le retour de l'hiver et l'avènement des sensations glissantes.

 

 

Histoire de minimiser les inconnues liées à l'enneigement, nous décidons de revenir dans le même massif que celui d'Appy, mais un peu plus à l'ouest. D'emblée notre objectif est de réaliser l'ascension du Pic du Han, en démarrant de Senconac. 1100 mètres de dénivelée de portage, dont environ 400 dans la neige. Ou plus exactement, 700 mètres de dénivelée pour atteindre les 400 de neige qui nous intéressent !

Seul problème : autant du côté d'Appy, j'avais fait une reco en été, autant là, nous allons dans l'inconnu. Mais la carte me semble accueillante de ce côté. Les courbes de niveau y sont sensuelles. Et l'itinéraire de montée fonce tout droit dans la pente sans tortiller du cul, un critère que j'affectionne particulièrement. Efficacité. Rendement.

 

_______________

Nous arrivons avec le lever du soleil à Senconac. Ce coin d'Ariège profonde ne semble pas très couru : aucun parking, aucun panneau… Nous nous garons sur la pointe des roues au beau milieu de la place du village (ou plus exactement sur le morceau de bitume un peu plus large au milieu des tas de foin, de fumier et de réserves de bois pour l'hiver). Nous échangeons quelques regards interrogatifs : ne va-t-on pas s'attirer le juste courroux des riverains à laisser ainsi une voiture immatriculée 78 à côté de leur fontaine, probablement sacrée ?

 

 

Nous effectuons d'une traite les 700 premiers mètres de dénivelée, sans même nous en rendre compte. Raph et moi montons exactement à la même vitesse, sans avoir besoin de s'attendre. Les conditions sont idéales, exactement comme la dernière fois : ciel sans nuage, température ni trop froide, ni trop chaude... Un vrai prospectus d'Office du Tourisme ! Le chemin se perd un peu par endroits mais nous sommes déjà bien contents d'en avoir un le reste du temps…

Arrivés à l'étang de l'Estagnolette, vers 1600 m, nous comprenons que la suite sera un peu plus ramboesque (adjectif tiré du film éponyme). Il nous faut traverser un large replat couvert de neige molle, de buissons et de tourbières dissimulées avant d'attaquer la montée finale composée de pentes très raides et manifestement glissantes.

 

Le dilemme de la descente commence à nous tracasser. Où sera-t-elle la meilleure (ou tout simplement, "où sera-t-elle praticable ?") : par le col et le fond du vallon ? par l'arête ouest ? par les contrepentes raides de cette arête ? par le sommet ? Il y a sérieusement matière à réflexion, d'autant plus que les conditions ont évolué depuis la dernière fois, et pas en notre faveur. La neige a encore fondu, restant très dure voire gelée à l'ombre, alors qu'elle devient rapidement trop molle en plein soleil. Il va nous falloir choisir le bon endroit pile au bon moment. C'est une équation à deux inconnues (donc mathématiquement insoluble).

 

En attendant, nous galérons à traverser le replat, tantôt en nous enfonçant dans la neige jusqu'aux genoux, tantôt en glissant sur une plaque verglacée. Nous enchainons la montée jusqu'à l'arête en taillant des marches dans les zones de neige raide et dure. La pente sommitale s'avère impraticable pour la descente : beaucoup trop abrupte, composée d'un entrelacs de grosses pierres et de neige. Nous nous arrêtons donc à une antécime sans nom, plus petite, mais plus classe.

Sur notre micro-pic isolé du monde, nous avons juste la place pour mettre les vélos, le matos et nous asseoir pour manger une barre de céréale. On l'a échappé belle : si on était venu à 3, il n'y aurait pas eu assez de place pour tout le monde…

Sur le sommet d'en face, à quelques centaines de mètres, quelques alpinistes viennent d'arriver et semblent s'apercevoir que nous sommes venus avec un équipement peu conventionnel. Ils attendent visiblement qu'on démarre, histoire d'assister à une bonne gamelle. Mais on y est tellement bien, sur notre pic, qu'on s'autorise à buller quelques minutes. Le soleil est doux. Aucun vent ne vient pernicieusement nous retirer des calories. La prochaine fois, on emmènera les bières !

 

_______________

Mais il va bien falloir y aller… Nous réfléchissons intensément sur l'itinéraire de descente. Après avoir conclu qu'on ne peut rien conclure en restant figés sur notre pic, nous entreprenons de tester la résistance de la neige sur plusieurs orientations par rapport au soleil. La décision est prise : nous allons démarrer sur le fil de l'arête puis obliquer dans les vastes pentes orientées plein sud. La raideur globale est soutenue.

Le départ par la crête est inspirant ; à cet endroit, elle forme une sorte de petit vallon d'altitude, multipliant les possibilités. Dans mon esprit les lignes de ride se forment à toute vitesse, toutes plus attrayantes les unes que les autres. Evidemment, un tel terrain incite à se lâcher… Je dévale à toute vitesse la pente de neige, m'appuyant sur une congère formant un virage relevé. Et là, tout à coup, alors que la tenue de la neige était impec, ma roue avant s'enfonce jusqu'au moyeu et se coince instantanément, m'envoyant tête la première à pleine vitesse sur la couche de neige dure du fond du vallon. Alors que je me relève, des étoiles dansent devant mes yeux (et ce n'est pas une métaphore !). Il va falloir être prudent, la neige est vicieuse.

 

Au final, nous enchainons tous les types de surfaces imaginables, allant de la couche verglacée à la soupe de printemps qui gicle comme de l'eau sur les côtés des roues. La moindre différence d'orientation par rapport au soleil a des incidences énormes. De plus, nous comprenons vite que de petits torrents cachés sous la couche forment des trous énormes, de véritables gueules de prédateur attendant qu'un vélo vienne faire céder l'innocente surface.

Mais bon, on s'amuse quand même, tentant de godiller comme en ski. Au plus fort, la pente doit avoisiner les 35 / 40°, ce qui est déjà pas mal à ski, mais réellement inédit en vélo. Nous devons réellement poser le cul sur la roue et je me remercie d'avoir récemment raccourci mon tube de selle.

Plus on descend, plus la neige s'amollit, ce qui rend la descente de plus en plus technique. Il est parfois nécessaire de relancer le vélo qui commence à enfourner de l'avant, grâce à un coup de guidon savamment dosé.

 

Nous arrivons à l'étang de l'Estagnolette sous un splendide coucher de soleil. C'est un des intérêts de rider en plein hiver : les journées étant plus courtes, on les finit toujours au coucher du soleil. En été, vous n'attendez pas qu'il soit 21 h 00 pour redescendre de votre montagne !

La suite permet de se décrisper après cette descente pleine de tension : dès que nous quittons la neige, un single étroit mais plutôt roulant nous attend. Nous avalons d'une traite les 700 m de dénivelée qui nous séparent de la voiture. Après toute les subtilités de placement qu'il faut déployer pour rester en équilibre sur la neige, ce bon vieux terrain classique semble un jeu d'enfant.

 

_______________ 

Cotations :

 

Arête du Han --> Etang de l'Estagnolette : T4/E2+ N'espérez pas parcourir l'itinéraire en été. La pente est impraticable, raide, parsemée de marches et de rochers, comme souvent en Ariège. Seule une couche de neige l'uniformise et la rend ainsi faisable. La cotation technique tient donc compte de la présence de neige. Et l'exposition aussi, qui est diminuée du fait que les chutes font moins mal.

 

Etang de l'Estagnolette --> Senconac : T3/E2 Le single est bon mais étroit, parfois un peu raide, souvent parsemé d'obstacles pas trop techniques. On est exactement dans la définition du T3. 

 
 
- Aperçu des photos -
 Diaporama (19)    Haut de page
Voilà ce qu'on appelle un terrain foireux...  (0)
On s'interroge sur la descente...  (0)
Pffff...  (0)
La fin devient carrément raide...  (0)
Contemplation...  (0)
Départ couillu du micro sommet  (0)
Vive les rhododendrons ! (et le correcteur orthographique pour écrire rhododendrons)  (0)
Jusqu'ici tout va bien  (0)
C'est raide !  (0)
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Et voilà du vrai ride !  (1)
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On s'enfonce pas encore trop, c'est bon !  (0)
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Sur la neige, éviter les cailloux, c’est dur !  (0)
Crevasses...  (0)
ça tient ou pas ?  (0)
Le mauvais temps se ramène...  (0)
 
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Commentaires et réactions
 
 
 
 Fred7331
 Le 15/02/2016 à 13h21.

Un CR hors-normes avec de l'engagement, des images magnifiques et cette auto-dérision jamais très loin, c'est top!

 

 Alright
 Le 14/02/2016 à 14h43.

@Philou : du D+ en portage, on en a fait du bien bien pire... Le plus violent qu'on est fait étant 1700 m dans la journée, uniquement en portage, mais avec le sac de trek complet d'au moins 15 kg en plus du vélo (tente, bouffe, réchaud, sac de couchage...) :)

 jpr31
 Le 14/02/2016 à 14h11.

très sympa ce style avec vos petits délires,  bataille de neige... petites galipettes heureusement  sans gravité mais qui justifient bien vos carapaces Ninja dans ces paysages *** !

de vrais guerriers des sommets !   pour de drôles de traces et de bien belles images Wink

bravo à l'équipe du jour !

 PBdA
 Le 14/02/2016 à 10h39.

À chaque CR d'Alright on s'attend à des surprises. Et on n'est pas déçu. Encore un CR hors norme avec des images étonnantes. Bravo !

 Philou646
 Le 14/02/2016 à 09h04.

1100m de D+ en portage, vous êtes des tortues Ninja. Ce n'est plus un dos ou des épaules que vous avez mais une carapace!! Encore une fois un super CR, de belles images, un bon délire en somme. 

 
 
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